Préparer la saison froide avec l’Ayurveda

ayur hiverBesoin de lumière !
Nous sommes tous grandement influencés par la lumière du soleil mais certaines personnes sont plus sensibles que d’autres à la baisse de luminosité qui précède et accompagne la saison hivernale.
La lumière du jour accroît notre production de sérotonine, un neurotransmetteur qui régularise le cycle circadien et favorise la bonne humeur. Une fois la nuit tombée, l’obscurité enclenche la synthèse de la mélatonine dans le cerveau à partir de la sérotonine produite sous l’influence de la lumière.
L’idéal pour améliorer son sort est de veiller à sortir dehors le jour au soleil, même si les nuages obscurcissent la lumière, les rayons de notre astre solaire nous atteignent toujours.

Lumière et alimentation
La sérotonine étant fabriquée à partir de l’acide aminé tryptophane et de la vitamine B6, une diète riche en ces nutriments peut contribuer à stabiliser le cycle circadien et à contrer la baisse de sérotonine associée au raccourcissement des jours.
Aliments riches en tryptophane :
• Pamplemousse
• Banane
• Dattes
• Figues
• Beurres de noix
• Riz et grains entiers
• Lait et yogourt
• Thon
• Dinde
Aliments riches en vitamine B6 :
• Banane
• Pomme de terre
• Chou
• Noix, graines de tournesol
• Lentilles, haricots blancs, fèves de soja
• Germe de blé
• Levure
• Saumon
• Viande, volaille, abats, foie
Vision ayurvédique : remarquez que ces aliments sont en majorité de saveur douce, sucrée, ce qui tend à pacifier vata, le principe ayurvédique qui domine le système nerveux. En revanche, la modération est de mise par temps froid car ces aliments tendent aussi à augmenter la production de mucus et à ralentir les métabolismes.

Il y a trois aspects à considérer pour s’assurer de bien tolérer le froid :
• La production de chaleur
• La circulation sanguine
• L’énergie vitale
L’ayurvéda utilise la saveur piquante pour activer le métabolisme et ainsi accroître la production de chaleur chez les personnes qui en génèrent peu. Il s’agit d’incorporer dans son alimentation ou sous forme de supplément des plantes telles que le gingembre, le poivre, le raifort, la muscade et la cannelle par exemple.
Plus les plats seront relevés de saveurs prononcées, plus le métabolisme sera activé alors qu’à l’inverse, trop de nourriture douce et calorique aura tendance à le ralentir. De plus, de grosses portions demandent beaucoup d’énergie pour être digérées et monopolisent aussi le sang dans le système digestif.
Les possibilités de réchauffer son alimentation abondent : des radis et des pousses de moutarde dans la salade, du poivre sur les œufs, de la cannelle sur le pouding, du raifort avec la viande, du gingembre frais dans le smoothie du matin et ainsi de suite.
L’ayurvéda nous enseigne que les personnes de nature vata et/ou kapha sont moins tolérantes au froid. Le froid gagne surtout les individus vata lorsqu’ils épuisent leur énergie vitale plus fragile tandis que les individus kapha souffrent davantage d’une pauvre circulation.
-Stimuler la circulation
Certaines plantes et aliments réchauffants stimulent rapidement et directement la circulation sanguine, permettant de réchauffer les extrémités comme le romarin, le ginkgo, la cayenne, le frêne épineux et l’angélique. Quelques pincées de cayenne dans la nourriture ou une tisane auront un effet instantané et permettront de reprendre le dessus lorsque le froid nous gagne.
Dans bien des cas, c’est la quantité et la santé des vaisseaux sanguins microscopiques qui font défaut pour nous réchauffer le bout des doigts et des pieds. Si les stimulants circulatoires ne font pas suffisamment effet, il faudra songer à fortifier ces artérioles et favoriser leur prolifération.
Pour ce faire, nous faisons appel aux flavonoïdes et à la rutine qui maintiennent la santé et l’élasticité des vaisseaux sanguins. Les petits fruits, le citron et l’avoine sont riches en flavonoïdes, ainsi que les feuilles de petits fruits telles que le framboisier, le mûrier et le bleuet.
Parmi les plantes médicinales, l’aubépine, l’achillée millefeuille, l’églantier et le gotu kola entretiennent le système vasculaire. Les extraits liquides et les capsules peuvent nous aider à maintenir une régularité dans ce traitement, parallèlement aux tisanes et aux fruits que nous devons ingérer.
Pour avoir un impact sur la santé vasculaire, il faut consommer de ces substances tous les jours pendant des mois, le temps de réparer ou de construire de nouvelles artérioles. En externe, on peut aussi appliquer une huile ou une crème infusée de plantes telles que l’hamamélis ou le marronnier d’Inde pour appuyer ce traitement. Soyez réguliers et patients, les résultats viendront peu à peu et seront durables.
-Énergie vitale
Enfin, si notre énergie vitale est à plat, nous ne pourrons pas fournir suffisamment d’énergie pour alimenter notre feu intérieur, notre métabolisme. C’est un peu comme avoir des réserves insuffisantes de bois de chauffage pour alimenter son foyer : même si le feu est intense, il ne pourra pas durer.
Lorsque la fatigue et l’épuisement nous gagne, nous pouvons sentir le froid pénétrer en nous et affecter notre santé alors que le système immunitaire baisse la garde. Le sommeil et le repos sont des éléments clés qui nous font trop souvent défaut : il faut alors se rabattre sur des plantes médicinales dites adaptogènes pour compenser la fatigue.
Parmi les plantes adaptogènes nous retrouvons : l’ashwagandha, l’astragale, l’avoine, le ginseng canadien ou sibérien, l’ortie, le rhodiola, et le shatavari. Ces plantes augmentent notre résistance au stress, donc au froid, à la fatigue et au manque de lumière.
Pour maintenir une bonne énergie vitale, et ainsi une bonne immunité, il faut consommer une nourriture de qualité, concentrée en nutriments et biologique. Cependant, il arrive que nous mangions bien mais que l’absorption ne soit pas au rendez-vous : c’est souvent le cas en occident ou les problèmes d’excès sont plus fréquents que les carences. C’est donc la santé digestive et intestinale qu’il faut rétablir pour bien assimiler la nourriture, ce qui fera l’objet d’un article en soi tellement le sujet est crucial et qu’il y a de nombreux facteurs à considérer.
Voilà pourquoi on préconise une certaine désintoxication en Ayurvéda avant de se concentrer sur l’aspect nutritif. Cette désintoxication peut prendre plusieurs formes : jeûne partiel, cure sans sucre, nettoyage du foie et des reins… encore une fois un sujet en soi qui mérite quelques recherches ou une consultation professionnelle pour faire un choix éclairé.
Une fois le ménage bien amorcé, l’organisme pourra assimiler plus facilement les nutriments et ainsi recharger les batteries de l’énergie vitale, à condition que le sommeil soit au rendez-vous. De petites portions d’aliments riches sont à préconiser comme des plats de légumineuses accompagnées de céréales, des bouillons de légumes et de viande, des combinaisons de fruits et de laits de noix et ainsi de suite.
-Fortifier le système immunitaire
L’immunité va de pair avec l’énergie vitale mais nous pouvons aussi faire usage de plantes médicinales pour la fortifier. Il importe alors de distinguer les toniques immunitaires, qui agissent à long terme et de manière durable, des stimulants immunitaires, à l’action immédiate mais temporaire.
Les toniques immunitaires doivent être pris en prévention sur une période de 1 à 2 mois au minimum, idéalement avant l’hiver. Ils servent à moduler le système immunitaire pour qu’il soit plus efficace et du même coup empêcher qu’il réagisse trop fortement en cas d’allergies ou de maladies auto-immunes.
On recherche alors des plantes comme l’aunée, l’astragale, le codonopsis, le guduchi ou le champignon reishi. La pâte Chyawanprash est une formule classique ayurvédique pour régénérer l’énergie vitale et fortifier l’immunité. Elle contient des dizaines de plantes médicinales nutritives et de super aliments.
S’il est trop tard pour prévenir une maladie ou infection quelconque nécessitant l’action de notre système immunitaire, on fait appel à des plantes qui stimulent l’immunité telle que la célèbre échinacée et l’usnée barbue. Il faut alors multiplier les doses jusqu’à prendre les suppléments aux deux heures tout au long de la journée. En revanche, on essaie de limiter la durée de ce type d’intervention à une semaine ou deux, après quoi il vaut mieux marquer un temps d’arrêt pour éviter de stimuler inutilement et d’épuiser le système immunitaire.

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